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En 2026, le bénévolat d'entreprise est un avantage dont on ne tire pas pleinement parti. Les congés payés sont désormais la norme dans les grandes entreprises, et les derniers chiffres, datant de 2024, indiquent que 25 % des salariés y participent. Au Royaume-Uni, où le taux d'utilisation est mesuré, environ les trois quarts des jours accordés ne sont pas utilisés, et seuls 18 % des dirigeants suivent l'impact à long terme de cette initiative. Ce rapport vous permet d'évaluer la situation de votre programme, chaque chiffre étant vérifié par rapport à sa source.

Dans les grandes entreprises, 25 % des salariés ont fait du bénévolat par l'intermédiaire de leur employeur en 2024, et ce taux diminue à mesure que les effectifs augmentent.1 Il varie de 31 % pour les entreprises de moins de 10 000 salariés à 16 % pour celles de plus de 100 000 salariés.1 Plus l'entreprise est grande, plus il est difficile d'atteindre ses collaborateurs.
Au Royaume-Uni, 62 % des employeurs proposent des journées de bénévolat rémunérées, à raison de 2,3 jours par salarié et par an en moyenne, mais les salariés n'en utilisent que 26,22 %.11 L'avantage existe, mais l'habitude d'y recourir n'est pas encore ancrée.
Les « Civic 50 », c'est-à-dire les 50 entreprises américaines les plus engagées envers leur communauté, affichent un taux de participation moyen de 41 %, contre une médiane nationale de 23 %.2 L'écart entre ces deux chiffres montre à quel point la plupart des programmes pourraient encore se développer.
Parmi les lauréats du classement « Civic 50 », 92 % proposent des actions de bénévolat axées sur les compétences ou pro bono, dans le cadre desquelles les employés mettent à disposition leurs compétences professionnelles plutôt que de simplement donner de leur temps.2 Ce temps a une valeur marchande : Taproot estime le coût d’une heure de travail qualifié à 220 dollars américains, soit une hausse de 18 % depuis 2019.10
Seuls 18 % des lauréats du classement « Civic 50 » évaluent l'impact à long terme de leur action bénévole, alors même qu'ils sont les leaders de ce secteur.2 Les investissements dans les systèmes qui sous-tendent le bénévolat sont également maigres : à peine 0,54 % des dons des entreprises entre 2016 et 2025 ont été consacrés à ces infrastructures.24
Parmi les employés de bureau américains, 87 % affirment que les possibilités de bénévolat influencent leur décision de rester chez un employeur ou de le quitter.4 Une expérience aléatoire a montré que les nouvelles recrues à qui l'on proposait une journée de bénévolat lors de leur intégration présentaient un taux de rotation du personnel plus faible un an plus tard.21
En Angleterre, 17 % des adultes font désormais du bénévolat chaque mois au sein d'un groupe, d'un club ou d'une association, contre 27 % en 2013/2014.6 L'Allemagne suit la même tendance : son taux de bénévolat est passé de 39,7 % en 2019 à 36,7 % en 2024.7
En France, 16 % des entreprises donatrices pratiquent le mécénat de compétences, en mettant le temps et les compétences de leur personnel au service d'organismes à but non lucratif, un chiffre inchangé par rapport à la dernière enquête.8 Ce qui a augmenté, c’est le temps consacré : la part des entreprises accordant six jours ou plus par an a progressé de 35 points de pourcentage, pour atteindre 39 %.8
Chapitre 1
Deux faits caractérisent le bénévolat en 2026. Le premier est que les congés payés pour faire du bénévolat, souvent appelés « VTO », sont devenus un avantage courant, proposé par 65 % des grandes entreprises.5 Parmi les « Civic 50 », les 50 entreprises américaines les plus engagées dans la vie locale, ce pourcentage atteint 86 %, contre 72 % en 2019.2
Deuxièmement, le taux de participation reste faible, se maintenant à environ un quart des salariés des grandes entreprises, et ce sont les plus grands employeurs qui affichent les taux les plus bas.1,25 Ce chapitre examine d'abord la situation aux États-Unis, puis celle de l'Europe, pays par pays.
25%
taux de participation moyen dans les grandes entreprises américaines
41%
participation des dirigeants du « Civic 50 »
62%
des employeurs britanniques proposent des journées de bénévolat rémunérées
36.7%
de la population allemande fait du bénévolat, contre 39,7 % en 2019
Le bénévolat rémunéré est courant dans les grandes entreprises, mais loin d’être généralisé à l’ensemble de l’économie. Parmi l’ensemble des employeurs américains, seuls 28 % proposaient en 2024 des congés rémunérés spécifiquement destinés au bénévolat, même si près de la moitié (49 %) proposaient une forme ou une autre de programme de bénévolat communautaire.3 La situation est différente dans les grandes entreprises, où 65 % d’entre elles offrent des congés pour le bénévolat,5 et parmi les entreprises du classement « Civic 50 », où ce chiffre atteint 86 %.2
Le fait de proposer cet avantage ne signifie pas pour autant que les salariés en bénéficient. En 2024, le taux de participation dans les grandes entreprises s’élevait en moyenne à 25 % et diminuait à mesure que la taille de l’entreprise augmentait : il atteignait 31 % dans les entreprises de moins de 10 000 salariés, contre seulement 16 % dans celles comptant plus de 100 000 salariés.1 Le classement « Civic 50 » illustre ce à quoi ressemble le haut de gamme, avec un taux de participation moyen de 41 %. Leurs 460 000 salariés bénévoles ont consacré 6,5 millions d’heures à cette action, soit environ 14 heures par salarié participant.2
Le Royaume-Uni constitue l'exemple le plus parlant, car on y mesure le taux d'utilisation de ces jours. Sur les 62 % d'employeurs qui accordent des jours de bénévolat rémunérés, l'allocation moyenne s'élève à 2,3 jours par salarié et par an, et seuls 26,22 % de ces jours sont effectivement utilisés.11 L'accès est également plus restreint qu'il n'y paraît, puisque seules 19 % des entreprises disposant d'un programme l'ouvrent à l'ensemble de leurs salariés.11
La pratique du bénévolat en général est également en recul. En Angleterre, 28 % des adultes ont exercé une activité bénévole « officielle » au moins une fois au cours de l’année 2024/25 ; par « officielle », on entend ici une aide non rémunérée apportée par l’intermédiaire d’un groupe, d’un club ou d’une organisation.6 Seuls 17 % l’ont fait chaque mois, contre 27 % en 2013/14 et 23 % en 2019/20.6
L'enquête nationale allemande sur le bénévolat, réalisée tous les cinq ans, va dans le même sens. En 2024, 36,7 % des personnes âgées de 14 ans et plus ont exercé une activité bénévole officielle, soit environ 27 millions de personnes, contre 39,7 % en 2019.7
La situation est différente en France, car la proportion d’entreprises impliquées est restée stable, tandis que le temps qu’elles consacrent à cette cause a fortement augmenté. Parmi les entreprises donatrices, 16 % pratiquent le mécénat de compétences, en mettant les compétences et le temps de leurs salariés au service d’une association à but non lucratif à titre de don, soit la même proportion que lors du baromètre précédent.8 Cependant, parmi ces entreprises, la part de celles qui accordent six jours ou plus par an a bondi de 35 points de pourcentage, pour atteindre 39 %.8
Au Royaume-Uni, le problème réside dans le recours à ce dispositif, et non dans la politique elle-même. Les salariés n'utilisent que 26,22 % des 2,3 jours accordés chaque année, et seuls 19 % des programmes sont ouverts à tous.11 Ce temps non utilisé représente au total plus de 140 millions d’heures par an.11
Les programmes allemands recrutent désormais parmi un vivier plus restreint de bénévoles réguliers : le taux national est passé de 39,7 % en 2019 à 36,7 % en 2024.7 En l'absence de droit fédéral uniforme au congé payé, hormis pour quelques fonctions honorifiques, c'est la politique de l'employeur qui détermine qui peut faire du bénévolat pendant les heures de travail.20
La part de la France parmi les donateurs « basés sur les compétences » n'a pas évolué : sur plus de 170 000 entreprises donatrices, 16 % ont recours à ce modèle.8 Pourtant, ces entreprises consacrent beaucoup plus de temps à cette activité, puisque la part de celles qui accordent six jours ou plus par an a augmenté de 35 points de pourcentage, pour atteindre 39 %.8
Conclusion : la plupart des grandes entreprises proposent déjà des journées de bénévolat rémunérées ; ce n’est donc plus un élément qui permet à votre programme de se démarquer. Ce qui fera la différence en 2026, c’est un taux de participation supérieur à 30 %, nettement supérieur à la moyenne de 25 % observée dans les grandes entreprises, et étayé par des données qui le prouvent. La suite de ce rapport met en évidence les domaines où des lacunes apparaissent généralement.
Chapitre 2
Dans ce contexte, les indicateurs que vous maîtrisez sont la participation, le nombre d'heures, les effectifs et les coûts. Ce chapitre analyse chacun d'entre eux à l'aide de trois sources d'information qui, ensemble, vous permettent de déterminer où en est votre programme.
23%
participation médiane des salariés, entreprises membres du CECP
1.8
heures par salarié, la médiane du CECP
41%
taux de participation moyen parmi les dirigeants du Civic 50
26%
pourcentage de jours de bénévolat accordés au Royaume-Uni qui ont été utilisés (26,22 %)
Remarque : ce tableau utilise les données 2023 du CECP, publiées dans son édition 2024 et présentées comme correspondant à la médiane des entreprises. Le chapitre 1 utilise en revanche les chiffres les plus récents du CECP : les données de 2024, publiées dans l'édition de 2025. Celles-ci sont présentées comme correspondant à la moyenne des entreprises plutôt qu'à la médiane, ce qui explique pourquoi elles sont supérieures d'environ deux points de pourcentage. Ces deux séries portent sur des années différentes et des indicateurs différents ; il ne faut donc pas les comparer directement.
Le chapitre 1 a montré que les salariés britanniques n'utilisent qu'environ un quart des jours de congé payés qui leur sont accordés,11 et ces mêmes données révèlent d’où provient cet écart. Les conditions d’éligibilité réduisent d’abord le nombre de bénéficiaires potentiels : en général, la moitié des salariés y a droit, et seuls 19 % des programmes sont ouverts à tous.11
Les jours non utilisés ont une valeur réelle. Pour les salariés occupant des postes de cadres et de dirigeants, l'utilisation intégrale des jours de bénévolat qui leur sont accordés chaque année représenterait une valeur estimée à 5 239 £ par personne.11 Pour l'économie britannique dans son ensemble, cette opportunité est estimée à 32,5 milliards de livres sterling.11
Combler cet écart relève davantage d'un problème opérationnel que d'un problème de politique. Concrètement, cela se résume à trois éléments.
Sans ce système, les heures générées par les opportunités et les validations ne peuvent être ni comptabilisées ni déclarées.
KPMG UK illustre concrètement ce qu’est un suivi rigoureux. Au cours de son exercice 2024, 43,8 % de ses effectifs (en équivalent temps plein) ont fait du bénévolat pendant leurs heures de travail.12 Le cabinet peut avancer ce chiffre en toute confiance, car il recoupe les données des feuilles de temps avec les activités enregistrées et approuvées, puis les vérifie par rapport aux résultats des enquêtes menées auprès des salariés.12
Cependant, l'infrastructure globale du bénévolat ne bénéficie que de peu de financements. Entre 2016 et 2025, les dons des entreprises n'ont consacré que 0,54 % de leur montant total aux structures et aux personnes chargées du recrutement et de la gestion des bénévoles.24
À retenir : évaluez votre programme 2026 à l'aune de quatre critères. Mobilise-t-il plus de 30 % des salariés et touche-t-il l'ensemble du personnel ? Permet-il de vérifier les heures consacrées aux activités approuvées et d'afficher les résultats à la demande ? En moyenne, un programme touche un quart des salariés et en exclut environ la moitié. Chaque réponse affirmative vous place en tête de votre secteur.
Chapitre 3
Les références présentées au chapitre 2 décrivent les programmes tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui, mais le modèle même du bénévolat est en pleine mutation. Les programmes s’éloignent de la journée de bénévolat organisée à l’échelle de l’entreprise pour s’orienter vers des activités que les salariés choisissent eux-mêmes.
L'ACCP (Association of Corporate Citizenship Professionals) constate cette même évolution. Au cours de la dernière année sur laquelle elle a mené son enquête, les initiatives autonomes, dans lesquelles l'employé choisit lui-même l'activité, sont passées de 26 % à 37 % des programmes d'entreprise.14 Au cours de la même période, les programmes exclusivement en présentiel sont passés de 59 % à 52 %.14
37%
La part des programmes gérés de manière autonome est désormais en hausse, passant de 26 %
77%
des entreprises font état d'une participation en hausse
18%
Une partie des bénévoles officiels américains interviennent désormais en ligne
20.3%
baisse du nombre de journées de bénévolat organisées à l'échelle de l'entreprise
De plus en plus d’entreprises indiquent que la participation est en hausse, mais le taux moyen reste inchangé. En 2024, 77 % des entreprises interrogées par l’ACCP ont déclaré que davantage de salariés y avaient pris part, contre 61 % l’année précédente,15 tandis que la moyenne calculée par le CECP pour les grandes entreprises restait proche d’un quart.1,25
Une partie de cette activité se déroule sous des formes que les statistiques générales ne reflètent pas bien, comme le bénévolat autonome et en ligne. Près d’un bénévole officiel américain sur cinq, soit 18 % d’entre eux, travaille désormais pour une organisation entièrement ou partiellement en ligne.13 Les indicateurs utilisés par les entreprises n’ont pas suivi cette évolution. Même parmi les leaders du secteur, seuls 18 % des lauréats du classement Civic 50 mesurent l’impact à long terme des actions menées par leurs employés.2
Les salariés savent clairement ce qu'ils attendent d'un programme. Parmi les employés de bureau américains, 45 % souhaitent mettre leurs compétences professionnelles au service d'associations locales.4 Dans cette même enquête, 42 % citent les congés payés pour faire du bénévolat parmi les formes de soutien les plus significatives qu'un employeur puisse offrir.4 Ces compétences ont une valeur marchande que Taproot estime à 220 dollars américains de l'heure, soit une hausse de 18 % depuis 2019.10
Pourtant, les données du CECP pour 2025 montrent que les formats traditionnels perdent du terrain. Le nombre de jours de service à l’échelle de l’entreprise a chuté de 20,3 % aux États-Unis, ce qui représente la baisse la plus marquée parmi tous les formats d’engagement dans la comparaison sur trois ans réalisée par le CECP portant sur les mêmes entreprises.25
Au cours de la même période, le nombre d'entreprises proposant des congés pour le bénévolat, le bénévolat à distance et des horaires flexibles a diminué.25 Ces chiffres indiquent le nombre d’entreprises proposant chaque formule, et non la fréquence à laquelle les salariés y ont recours ; par ailleurs, les congés pour bénévolat sont toujours proposés par 65 % des grandes entreprises.5
Cette activité perdue n'a pas entièrement disparu, car une partie s'est réorientée vers d'autres secteurs de l'entreprise. Elle s'est notamment orientée vers les groupes de ressources pour les salariés (ou ERG), ces groupes dirigés par les salariés et articulés autour d'une identité ou d'un intérêt commun, que 94 % des entreprises ont désormais mis en place.25 Lorsque ces groupes organisent leurs propres actions de bénévolat, ils le font au niveau local, de sorte que les heures consacrées à ces activités sont rarement comptabilisées dans le programme central. Il serait utile de combler cette lacune avant d’ajouter un nouveau canal.
Conclusion : le bénévolat prend une forme de plus en plus individualisée, axée sur les compétences et hybride, c’est-à-dire en partie en ligne et en partie en présentiel. Cela rend le suivi centralisé plus difficile, mais aussi plus nécessaire. Si vos heures sont dispersées dans une douzaine de feuilles de calcul des groupes d’intérêt employés (ERG), vous ne pouvez pas rendre compte de la participation, évaluer ce temps à 220 dollars américains de l’heure, ni démontrer l’impact de votre action.
Chapitre 4
Les heures de bénévolat enregistrées de manière dispersée, décrites au chapitre 3, posent problème dès qu’une personne extérieure au programme en fait la demande, ce qui est déjà le cas de deux instances : les autorités fiscales et les auditeurs. La loi n’imposant que rarement l’obligation de rendre compte des activités bénévoles, les règles ci-dessous sont peu nombreuses, mais elles revêtent une importance capitale pour tout programme européen en 2026. Elles déterminent également quelles autres personnes sont en droit de demander à consulter vos relevés d’heures.
Le bénévolat n'est toutefois plus seulement une question de conformité. Autrefois simple poste budgétaire relevant de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), il fait désormais partie intégrante de la stratégie des entreprises pour fidéliser leurs collaborateurs, ce qui constitue le deuxième axe abordé dans ce chapitre.
61%
une réduction du nombre de points de données obligatoires à déclarer dans le cadre de l'ESRS
60%
Réduction d'impôt en France pour le bénévolat de compétences
87%
affirment que le bénévolat influe sur leur décision de rester
75%
des bénévoles britanniques affirment que cela a amélioré leur santé mentale
Vos relevés d'heures constituent un document fiscal, car c'est à partir de ceux-ci que la réduction de 60 % est calculée. Veillez à consigner l'activité, la validation et la base salariale pour chaque heure, cette rémunération étant plafonnée à trois fois le plafond annuel de la sécurité sociale.16,17
En l'absence de droit légal au congé pour bénévolat, chaque jour rémunéré relève d'une décision de l'entreprise. Les 62 % d'employeurs qui accordent des jours de congé, à raison de 2,3 par salarié et par an en moyenne, fixent eux-mêmes cette promesse.11 Votre document de politique d'entreprise est le seul endroit où un auditeur peut vérifier ces informations.
Les droits au congé ne s'appliquent qu'aux fonctions honorifiques, telles que celles des pompiers volontaires et des services techniques de secours. Un programme allemand doit donc intégrer sa propre règle en matière de congés dans son règlement d'entreprise.20
Parmi les employés de bureau américains, 87 % affirment que les possibilités de bénévolat proposées par leur entreprise influencent leur décision de rester ou de quitter leur employeur.4 Pour 42 % d'entre eux, le temps de travail rémunéré consacré au bénévolat figure parmi les formes de soutien les plus significatives qu'un employeur puisse offrir.4 Ces deux chiffres reflètent ce que les salariés disent, et non ce qu’ils font réellement ; la question qui se pose donc est de savoir si le bénévolat modifie réellement leur comportement.
Une étude se rapproche d'une réponse, car elle s'intéresse aux actions des nouvelles recrues plutôt qu'à leurs déclarations. Une expérience aléatoire menée sur le terrain au sein d'une grande banque d'Amérique latine a permis de tester directement cet effet.
Les nouvelles recrues ayant participé à une journée de bénévolat organisée par l'entreprise dans le cadre de leur intégration présentaient un taux de rotation du personnel plus faible, mesuré près d'un an plus tard, que celles qui n'y avaient pas pris part.21 Comme la journée avait été attribuée de manière aléatoire, cette différence peut être attribuée à la journée elle-même.21
Les jeunes employés attendent que leur travail ait un sens, et ils agissent en conséquence. L'enquête 2026 de Deloitte sur la Génération Z et la génération Y chiffre cette attente dans son échantillon suisse. Dans ce pays, 95 % des membres de la Génération Z et 97 % de la génération Y affirment que le fait de donner un sens à leur travail est important pour leur satisfaction professionnelle et leur bien-être.22 Près de la moitié de chaque groupe, soit 48 % de la Génération Z et 51 % des Millennials, a déjà refusé un emploi ou un employeur pour des raisons éthiques.22
Le bénévolat est l'un des moyens par lesquels les employeurs répondent à cette attente, et cela se traduit par un gain de bien-être. En Grande-Bretagne, 75 % des personnes ayant récemment fait du bénévolat affirment que cela a amélioré leur santé mentale.23 Le taux de satisfaction à l'égard de cette expérience reste élevé, à 92 %, bien qu'il ait légèrement baissé par rapport aux 96 % enregistrés en 2019, ce qui rappelle que la qualité de chaque activité reste un facteur déterminant.23
Cette pratique est en soi fragile. Une autre enquête du NCVO dresse un tableau similaire pour l’ensemble de la Grande-Bretagne : le bénévolat mensuel s’élevait également à 23 % en 2019/20, avant de reculer encore pour atteindre 16 % en 2021/22.26 Les chiffres du DCMS présentés au chapitre 1 montrent la même baisse pour l’Angleterre jusqu’en 2024/25.
Les États-Unis ont pris le contre-pied de cette tendance, leur taux officiel de bénévolat ayant atteint 28 % en 2023,24 alors qu’au Royaume-Uni et en Allemagne, cette pratique continue de s’affaiblir. Le lieu de travail devient ainsi l’un des rares endroits où l’on peut encore être invité à faire du bénévolat pour la première fois. Votre programme recrute donc des personnes qui, sans cela, ne se lanceraient jamais dans cette voie.
Conclusion : traitez les heures comme la direction financière traite l'argent : en les enregistrant, en les validant et en les vérifiant, car tant la réglementation fiscale française que les auditeurs CSRD peuvent vous les demander. Reliez ensuite ces données à la fidélisation, car une étude randomisée a montré que le bénévolat réduit le taux de rotation des nouvelles recrues. Ensemble, ces éléments constituent un argument plus convaincant en faveur du budget qu'un simple décompte annuel des heures.
Chapitre 5
Le tableau ci-dessous comporte neuf lignes et pose une question : votre programme attire-t-il davantage de participants, assure-t-il un meilleur suivi de ceux-ci et obtient-il de meilleurs résultats que la moyenne du secteur ? Chaque ligne reprend des données issues des chapitres précédents, ce qui vous permet de vérifier la référence correspondante. Attribuez-vous un point pour chaque ligne où vous atteignez ou dépassez la référence, puis consultez votre score ci-dessous.
Optimy réunit sur une seule et même plateforme les opportunités de bénévolat, les autorisations, le suivi des heures et les rapports d'impact. Les entreprises et les fondations l'utilisent pour accroître la participation et communiquer les résultats aux ressources humaines, au conseil d'administration et à l'auditeur à partir des mêmes données.
Toutes les statistiques figurant dans ce rapport proviennent de la source mentionnée ci-dessous, et nous les avons toutes vérifiées à nouveau en septembre 2026, avant leur publication. Lorsque l'année de référence des données diffère de l'année de publication, nous indiquons l'année de référence. Nous présentons les chiffres tels qu'ils ont été publiés, sans estimations ni données de remplacement. Lorsqu'une enquête porte sur un seul pays ou un seul groupe, comme les employés de bureau américains ou les lauréats du Civic 50, le texte le précise, et les graphiques utilisent uniquement les chiffres cités.
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